Walter Brandmüller: Nationalisme liturgique ou universalisme?

La compréhension véritable et globale de la liturgie – et cela vaut aussi pour la réalité en absolu – n’est pas seulement un processus intellectuel. Au fond, la personne n’est pas seulement faite de raison et de volonté mais aussi de corps et de sens. Donc, si on ne comprend pas le moindre mot d’une liturgie célébrée dans une langue sacrée – mis à part naturellement les lectures bibliques et l’homélie – il n’en demeure pas moins que l’événement tout entier, le chant, les ornements, la paramentique et le lieu sacré, à chaque fois qu’ils sont une expression adéquate de la célébration, touchent la dimension profonde de l’homme d’une manière bien plus directe que ne pourraient le faire les paroles intelligibles. Contrairement à l’époque [passée], c’est bien plus simple aujourd’hui, puisque ceux qui assistent à la messe connaissent déjà la structure du rite et les textes qui reviennent dans la liturgie, donc quand on participe à une messe en latin, on s’y retrouve assez facilement.

Le fait de dire qu’il faut rejeter le latin en tant que langue liturgique parce qu’il n’est pas compris n’est donc pas une argumentation convaincante, d’autant plus que, malgré toutes les difficultés relatives à la traduction, la liturgie en langue vulgaire ne doit pas être abolie. Mais comme le dit le Concile Vatican II, le latin non plus ne devrait pas être aboli.

Quelle est en revanche la situation de la « participatio actuosa », c’est-à-dire de la participation active des fidèles à la célébration liturgique ? Le Concile prescrivait que les fidèles doivent être en mesure de chanter ou de réciter les parties qui leur reviennent, ; même en langue latine. S’agit-il d’une demande exagérée ? Si l’on pense à combien nous sont familières les paroles des textes de l’ordinaire de la messe, il ne devrait pas être difficile de les reconnaître derrière les paroles latines. Et ces chansons anglaises ou américaines ne sont-elles pas chantées et comprises volontiers malgré qu’elles soient dans une langue étrangère ?

Au fond, « participatio actuosa » signifie bien plus qu’un simple parler et chanter ensemble: il s’agit plutôt, pour le chrétien qui participe à la célébration, d’adopter la même disposition intime du sacrifice au Père, dans laquelle le Christ accomplit son don de lui-même au Père. Et pour cela, on a d’abord besoin de ce que Johann Michael Sailer appelle la langue fondamentale de la messe.

À cet égard, le missel latin est nécessaire ne fût-ce que du point de vue pratique: le prêtre qui se rend dans des pays dont il ne connaît pas la langue devrait avoir la possibilité de célébrer la aussi la sainte messe, sans être contraint à des acrobaties linguistiques indignes d’une liturgie.

En résumé: il est souhaitable que le missel romain en latin soit présent dans chaque église.

Traduction prise d’ici.
Texte original en allemand ici ou ici (pages 192-196)

À propos de l’interdiction de la communion donnée sur la langue

L’interdiction de la communion sur la langue est de soi invalide. À supposer même qu’il soit avéré que la distribution de la communion sur la langue entraîne un risque sanitaire déraisonnable, il serait de toute manière nécessaire que d’éventuelles mesures prises à ce sujet aient un fondement légal incontestable, surtout en une matière aussi sensible.
L’interdiction de la distribution de la communion sur la langue décidée par de nombreux évêques se fonde sur le présupposé implicite, jamais formulé ouvertement, que ce rite liturgique présenterait un plus grand risque de contamination que la distribution de la communion dans la main. Or cela n’est pas démontré. En tous cas, du point de vue historique, la pratique millénaire de la communion administrée sur la langue, même par temps d’épidémie, n’a apparemment pas été un facteur significatif de contamination. S’il en avait été autrement, jamais les responsables ecclésiastiques n’auraient maintenu cette pratique en temps de crise sanitaire.

Article paru dans Sedes Sapientiæ n° 153 (3/2020), p. 47-59

Per Christum. Per Dóminum. Qui tecum. Qui vivis. Qui vivit.

“Per Christum.” = “Per Christum Dóminum nostrum.”

“Per Dóminum.” = “Per Dóminum nostrum Iesum Christum Fílium tuum, qui tecum vivit et regnat in unitáte Spíritus Sancti, Deus, per ómnia sǽcula sæculórum.”

“Qui tecum.” = “Qui tecum vivit et regnat in unitáte Spíritus Sancti, Deus, per ómnia sǽcula sæculórum.”

“Qui vivis.” = “Qui vivis et regnas cum Deo Patre in unitáte Spíritus Sancti, Deus, per ómnia sǽcula sæculórum.”

“Qui vivit.” = “Qui vivit et regnat in sǽcula sæculórum.”

Ex antiqua traditione Ecclesiæ, oratio collecta de more ad Deum Patrem, per Christum in Spiritu Sancto, dirigitur et conclusione trinitaria, idest longiore, concluditur, hoc modo:
– si dirigitur ad Patrem: Per Dóminum nostrum Iesum Christum Fílium tuum, qui tecum vivit et regnat in unitáte Spíritus Sancti, Deus, per ómnia sǽcula sæculórum;
– si dirigitur ad Patrem, sed in fine ipsius fit mentio Filii: Qui tecum vivit et regnat in unitáte Spíritus Sancti, Deus, per ómnia sǽcula sæculórum;
– si dirigitur ad Filium: Qui vivis et regnas cum Deo Patre in unitáte Spíritus Sancti, Deus, per ómnia sǽcula sæculórum.
Populus, precationi se coniungens, acclamatione Amen orationem facit suam.
(Institutio Generalis Missalis Romani, n. 54)

In Missa unica dicitur oratio super oblata, quæ concluditur conclusione breviore, idest: Per Christum Dóminum nostrum; si vero in fine ipsius fit mentio Filii: Qui vivit et regnat in sǽcula sæculórum.
Populus, precationi se coniungens, acclamatione Amen orationem facit suam.
(Institutio Generalis Missalis Romani, n. 77)

Per antica tradizione della Chiesa, l’orazione colletta è abitualmente rivolta a Dio Padre, per mezzo di Cristo, nello Spirito Santo e termina con la conclusione trinitaria, cioè più lunga, in questo modo:
– se è rivolta al Padre: Per Dóminum nostrum Iesum Christum Fílium tuum, qui tecum vivit et regnat in unitáte Spíritus Sancti, Deus, per ómnia sǽcula sæculórum;
– se è rivolta al Padre, ma verso la fine dell’orazione medesima si fa menzione del Figlio: Qui tecum vivit et regnat in unitáte Spíritus Sancti, Deus, per ómnia sǽcula sæculórum;
– se è rivolta al Figlio: Qui vivis et regnas cum Deo Patre in unitáte Spíritus Sancti, Deus, per ómnia sǽcula sæculórum.
Il popolo, unendosi alla preghiera, fa propria l’orazione con l’acclamazione Amen.
(Ordinamento Generale del Messale Romano, n. 54)

Nella Messa si dice un’unica orazione sulle offerte, che si conclude con la formula breve: Per Christum Dóminum nostrum; se invece essa termina con la menzione del Figlio: Qui vivit et regnat in sǽcula sæculórum.
Il popolo, unendosi alla preghiera, fa propria l’orazione con l’acclamazione Amen.
(Ordinamento Generale del Messale Romano, n. 77)

In accordance with the ancient tradition of the Church, the collect prayer is usually addressed to God the Father, through Christ, in the Holy Spirit, and is concluded with a trinitarian ending, that is to say the longer ending, in the following manner:
– If the prayer is directed to the Father: Per Dóminum nostrum Iesum Christum Fílium tuum, qui tecum vivit et regnat in unitáte Spíritus Sancti, Deus, per ómnia sǽcula sæculórum;
– If it is directed to the Father, but the Son is mentioned at the end: Qui tecum vivit et regnat in unitáte Spíritus Sancti, Deus, per ómnia sǽcula sæculórum;
– If it is directed to the Son: Qui vivis et regnas cum Deo Patre in unitáte Spíritus Sancti, Deus, per ómnia sǽcula sæculórum.
The people, uniting themselves to this entreaty, make the prayer their own with the acclamation, Amen.
(General Instruction of the Roman Missal, n. 54)

In the Mass, only one Prayer over the Offerings is said, and it ends with the shorter conclusion: Per Christum Dóminum nostrum. If, however, the Son is mentioned at the end of this prayer, the conclusion is, Qui vivit et regnat in sǽcula sæculórum.
The people, uniting themselves to this entreaty, make the prayer their own with the acclamation, Amen.
(General Instruction of the Roman Missal, n. 77)

Por una antigua tradición de la Iglesia, la oración colecta ordinariamente se dirige a Dios Padre, por Cristo en el Espíritu Santo y termina con la conclusión trinitaria, es decir, con la más larga, de este modo:
– Si se dirige al Padre: Per Dóminum nostrum Iesum Christum Fílium tuum, qui tecum vivit et regnat in unitáte Spíritus Sancti, Deus, per ómnia sǽcula sæculórum.
– Si se dirige al Padre, pero al final se menciona al Hijo: Qui tecum vivit et regnat in unitáte Spíritus Sancti, Deus, per ómnia sǽcula sæculórum.
– Si se dirige al Hijo: Qui vivis et regnas cum Deo Patre in unitáte Spíritus Sancti, Deus, per ómnia sǽcula sæculórum.
El pueblo uniéndose a la súplica, con la aclamación Amen hace suya la oración.
(Instrucción General del Misal Romano, n. 54)

En la Misa se dice una sola oración sobre las ofrendas, que se concluye con la conclusión más breve, es decir: Per Christum Dóminum nostrum; y si al final de ella se hace mención del Hijo: Qui vivit et regnat in sǽcula sæculórum.
El pueblo uniéndose a la súplica con la aclamación Amen, hace suya la oración.
(Instrucción General del Misal Romano, n. 77)

Selon l’antique tradition de l’Eglise, cette prière s’adresse habituellement à Dieu le Père, par le Christ, dans l´Esprit Saint, et se termine par une conclusion trinitaire, c’est-à-dire par la conclusion longue, de la manière suivante:
– si elle s’adresse au Père: Per Dóminum nostrum Iesum Christum Fílium tuum, qui tecum vivit et regnat in unitáte Spíritus Sancti, Deus, per ómnia sǽcula sæculórum;
– si elle s’adresse au Père, mais avec mention du Fils à la fin: Qui tecum vivit et regnat in unitáte Spíritus Sancti, Deus, per ómnia sǽcula sæculórum;
– si elle s’adresse au Fils: Qui vivis et regnas cum Deo Patre in unitáte Spíritus Sancti, Deus, per ómnia sǽcula sæculórum.
Le peuple s’unit à la supplication et la fait sienne par l´acclamation Amen.
(Présentation Général du Missel Roman, n. 54)

A la messe, on dit une seule prière sur les offrandes, qui se termine par la conclusion brève: Per Christum Dóminum nostrum; si cependant elle fait mention du Fils à la fin, ce sera: Qui vivit et regnat in sǽcula sæculórum.
Le peuple s’unit à la prière et la fait sienne par l’acclamation Amen.
(Présentation Général du Missel Roman, n. 77)

Nach alter Tradition der Kirche wird das Tagesgebet in der Regel an Gott, den Vater, durch Christus im Heiligen Geist gerichtet und mit der trinitarischen Schlussformel, d. h. mit der längeren Formel auf folgende Weise abgeschlossen,
– wenn es an den Vater gerichtet ist: Per Dóminum nostrum Iesum Christum Fílium tuum, qui tecum vivit et regnat in unitáte Spíritus Sancti, Deus, per ómnia sǽcula sæculórum;
– wenn es an den Vater gerichtet ist, zum Schluss aber der Sohn genannt wird: Qui tecum vivit et regnat in unitáte Spíritus Sancti, Deus, per ómnia sǽcula sæculórum;
– wenn es an den Sohn gerichtet ist: Qui vivis et regnas cum Deo Patre in unitáte Spíritus Sancti, Deus, per ómnia sǽcula sæculórum.
Das Volk schließt sich dem Gebet an und macht es durch den Ruf Amen zu seinem Gebet.
(Allgemeine Einführung in das Römische Messbuch, N. 54)

In der Messe wird ein einziges Gebet über die Opfergaben gesprochen, das mit der kürzeren Schlussformel schließt, nämlich: Per Christum Dóminum nostrum; wenn aber zum Schluss des Gebetes der Sohn erwähnt wird: Qui vivit et regnat in sǽcula sæculórum.
Das Volk schließt sich dem Gebet an und macht es sich durch den Ruf Amen zu eigen.
(Allgemeine Einführung in das Römische Messbuch, N. 77)

Joseph Ratzinger de liturgia

The greatness of the liturgy depends on its unspontaneity.

La grandezza della liturgia si fonda sulla sua non arbitrarietà.

La grandeza de la liturgia depende de su falta de espontaneidad.

Die Größe der Liturgie beruht gerade auf ihrer Unbeliebigkeit.

La grandeur de la liturgie tient justement au fait qu’elle échappe à l’arbitraire.

(Joseph Ratzinger, “The spirit of the liturgy” – “Introduzione allo spirito della liturgia” – “El espíritu de la liturgia” – „Vom Geist der Liturgie“ – “L’Esprit de la liturgie: Une introduction”)

Qui orat, salvatur

«Qui orat, certo salvatur; qui non orat, certo damnatur» (Sanctus Alfonsus Maria de Liguori, Del gran mezzo della preghiera, pars 1, c. 1, ed. G. Cacciatore (Roma 1962) p. 32.)

Ecco un libretto che raccoglie le preghiere più semplici della tradizione cristiana, nato da un’intuizione di don Giacomo Tantardini (1946-2012) ed edito dal mensile internazionale 30Giorni. Il libretto si apre con una breve riflessione di papa Bergoglio cui segue l’introduzione firmata nel 2005 dall’allora cardinale Joseph Ratzinger che l’anno successivo sarebbe stato eletto Pontefice. Per richiedere “Chi prega si salva” occorre contattare l’associazione “Don Giacomo Tantardini” alla email: info@assotantardini.it; telefono: 3275857356; sito internet: associazionedongiacomotantardini.it. Le copie sono disponibili al costo di 2 euro l’una, più spese di spedizione. Il volumetto è disponibile anche in inglese, francese, tedesco, spagnolo, portoghese e cinese ed è liberamente scaricabile in PDF:

(click su un’immagine per scaricare il PDF / click on one image to download PDF)

2020 – Stage intensif de latin

Pourquoi l’Eglise emploie le latin dans sa liturgie ? Parce qu’elle parle non pas au nom de telle ou telle personne, de tel ou groupe de fidèles, mais au nom de toute l’Humanité, de toute l’Histoire. Catholique, elle emploie un idiome universel, elle parle romain. Elle ne s’adresse pas aux hommes, elle s’adresse à Dieu, elle emploie un langage en quelque sorte convenu, contractuel, des mots pénétrés d’une vertu et d’une efficace propre“. (Paul Claudel)
Pour la liturgie, mais aussi pour la théologie ou le droit canon, et en fait pour la connaissance et l’amour de toute la civilisation occidentale, l’étude du latin demeure une nécessité. C’est pourquoi la Fraternité Saint-Pierre vous propose cet été deux stages, organisés dans une abbaye de la République tchèque.

Ils célèbrent la messe vers l’orient

Ils ne sont pas «tradis», n’ont pas adopté la forme extraordinaire du rite romain, mais célèbrent pourtant de temps à autre la messe ad orientem. Traduisez « tournés vers Dieu ».

Devant le mystère de Dieu, il faut rester humble, et la meilleure façon de l’être est de se tourner face au Seigneur.

(…)

Lorsque le prêtre est face à Dieu, il est comme un premier de cordée qui nous emmène vers le sommet. C’est plus vertical.

Reportage ici.

The Traveller’s Mass – La Messa del Viaggiatore

The Traveller’s Mass is a project by professor Giuseppe G. N. Angilella to provide bilingual, two-columns versions of the Ordo Missæ. The following languages are available: Latin, Albanian, Croatian, Czech, Dutch, English (old and 2011 versions), Finnish, French, German, modern Greek, Italian, Lithuanian, Norwegian, Polish, Portuguese, Romanian, Slovenian, Spanish, Swedish, Tagalog.

The Traveller’s Mass (La Messa del Viaggiatore) è un progetto del prof. Giuseppe G. N. Angilella che mette a disposizione versioni bilingue, su due colonne, dell’Ordo Missæ. Sono disponibili le seguenti lingue: latino, albanese, croato, ceco, nederlandese, inglese (versioni vecchia e del 2011), finlandese, francese, tedesco, greco moderno, italiano, lituano, norvegese, polacco, portoghese, romeno, sloveno, spagnolo, svedese, tagalog.

Versions with Latin first column: / Versioni con prima colonna in latino:

Latin-Albanian
Latin-Croatian
Latin-Czech
Latin-Dutch
Latin-English (old)
Latin-English (2011 version)
Latin-Finnish
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